18 septembre 2017 ~ 1 Commentaire

La croix de perdition – Andrea H . Japp

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« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » Arnaud Amaury dit Arnaud Amalric, abbé de Cîteaux, lors du sac de Béziers en 1209.

Deuxième tome de la série Monestarium.
Publication en 2008, éditions Le Livre de Poche.
Genre : policier, historique.
Thèmes abordés : satanisme, religion, exclusion, Histoire, 
La couverture de cette édition reprend le détail Portrait d’une femme, anonyme.

Le résumé : 22 juillet 1209, Béziers est mis à sac. Pour lutter contre l’hérésie cathare, les croisés, avec à leur tête Arnaud Amalric, légat du pape, prennent la ville et massacrent vingt mille habitants.

Hiver 1308. L’abbaye des Clairets, administrée par la jeune mère abbesse Plaisance de Champlois, est coupée du monde extérieur par une terrible tempête de neige. Les meurtres de moniales se succèdent, tous mis en scène selon un rituel macabre … On parle de sorcellerie ou de quelque chose d’encore plus ténébreux.

Que vient faire à l’abbaye Arnoldus de Villanova, espion et médecin du pape Clément V, au prétexte de cueillir des simples en plein hiver ? Et qui est donc cette jeune Claire qui ne supporte pas la lumière du jour et que protège quatre « monstres » de foire ?

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L’auteur : Elle est née en septembre 1957 à Paris, de son vrai nom Lionelle Nugon-Baudon. Elle est docteur en biochimie, toxicologue, expert à la NASA et a été chargée de recherche à l’INRA. Elle commence à publier en 1991, aux Edition du Masque, des romans policiers ; ces derniers, compte tenu de son esprit scientifique et du fait qu’elle ait vécu aux Etats-Unis (à Boston), lui propose de traduire les romans de Patricia Cornwell, mettant en scène Kay Scarpetta. Elle traduit sous le nom d’Hélène Narbonne puis Andrea H. Japp, utilisant ces mêmes pseudo pour publier, que ce soit des policiers contemporains, des policiers historiques, des recueils de nouvelles … Mais elle se sert de son véritable nom pour publier des ouvrages scientifiques.

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Mon avis : Il est difficile de ne pas établir de parallèle entre le roman de Japp et celui d’Umberto Eco, Le Nom de la Rose, paru en 1980 et adapté en film en 1986. On voit un clin d’oeil au personnage Guillaume de Baskerville et celui de l’apothicaire Mary à l’intelligence si aiguë : ils ont tous deux le même patronyme. (Bien que personnellement, je ne puisse m’empêcher de penser à Henry de Baskerville dans la nouvelle Le chien des Baskerville par Arthur Conon Doyle. Sherlock, sors de ce corps !). 

Ce qui est intéressant, c’est le contexte historique. Entre société et fait historique, on plonge au coeur du XIVème siècle, dans une France profondément et ardemment catholique. Et c’est justement cette société qui joue dans l’intrigue : des meurtres rituels, un commerce possible avec le diable … Peur superstitieuse, jeu du tarot et la quête désespérée d’une croix aux pouvoirs fantastiques … Le suspens tient jusqu’à la fin : on ne peut se douter du nom du coupable, et c’est la surprise totale. L’écriture, soutenue sans être pompeuse, offre une véritable plongée dans un huis-clos de plus en plus angoissant et captivant. Difficile de se détacher des personnages, également. La mystérieuse Blanche, cette novice qui n’est pas ce qu’elle paraît ou l’étrange Arnaud Amalric, au regard si sombre, qui semble littéralement être revenu d’entre les morts … Sans oublier l’odieuse Agnès Ferrand, si mesquine et intolérante ou la douce Plaisance de Champlois, si jeune et forte. La singularité de chaque personnage, ainsi que le rôle de chacun dans l’évolution de l’intrigue en font de véritable pilier de l’univers de la saga Monestarium.

La Croix de Perdition est donc une formidable oeuvre littéraire, forte et mouvante, dont l’exactitude historique ne le dispute qu’à la qualité d’écriture. 

Une réponse à “La croix de perdition – Andrea H . Japp”

  1. I think you have remarked some very interesting points , appreciate it for the post.


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