15 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

Mon bel oranger – José Mauro de Vasconcelos

mon_bel_oranger- Réfléchis, Zézé. Il est encore très jeune. Il va devenir un oranger adulte. Il va grandir en même temps que toi. Tous les deux, vous vous comprendrez comme si vous étiez des frères. Tu as vu cette branche ? C’est vrai que c’est la seule qu’il ait, mais on dirait un petit cheval fait exprès pour que tu montes dessus.

Publication originale en 1968.
Édition française Hachette Jeunesse, coll. Le Livre de Poche Jeunesse.
Genre : roman jeunesse, semi autobiographie.
Thème abordé : pauvreté, enfance, rêve, ami imaginaire, violence, grandir, famille, amitié

Résumé : À cinq ans, tous le monde bat Zézé et lui dit qu’il est le diable … Mais, ange et démon, Zézé a un secret : un pied d’oranges douces, le seul confident de ses rêves qui l’écoute et lui répond.

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L’auteur : né en 1920, José Mauro de Vasconcelos est issu d’une famille très nombreuse, et pauvre. Ses parents l’envoient donc vivre auprès de son oncle à Natal, où il entamera plus tard des études de médecine qu’il interrompra pour retourner à Rio de Janeiro. De petits boulots en petits boulots, José Mauro de Vasconcelos obtint une bourse qui lui permit de reprendre ses études et de voyager en Europe. Mon bel oranger, publié en 1968, lui assure un immense succès sur la scène littéraire brésilienne puis internationale et reste le roman brésilien le plus diffusé au monde. José Mauro de Vasconcelos est mort en 1984.

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Mon avis : Mon bel oranger … Je devais avoir 9 ans à peu près la première fois que je l’ai lu. J’en ai désormais 22 ; et depuis tout ce temps, aucun livre n’a pu me faire pleurer comme ce roman, en partie inspiré de l’enfance de son auteur.
La souffrance de Zézé et sa sincérité, presque fragile, m’ont ému autant que le récit des violences subies, par son père notamment. Et déjà à mon jeune âge, j’étais révolté par cette violence contre un enfant trop sensible.
Le contexte social du Brésil de cette époque, raconté avec justesse et pertinence au travers du regard de ce petit garçon, est également très touchant ; lui qui voit les adultes comme des personnes étranges et distantes devient pourtant l’ami d’un homme. Un homme qui devient l’image du père, celui qui apprend et console, qui guérit et qui rassure. Cette image du père, presque caricaturale, envahit le roman et ne le quitte plus. Il est aussi important que l’oranger, l’arbre confident, l’ami imaginaire de tout enfant.
L’oranger devient le seul allié de l’enfant dans un milieu trop hostile et trop étranger pour lui. Dans un monde d’adultes.
C’est pour cela que le roman est aussi fort : il raconte l’histoire d’un enfant qui grandit peu à peu, forgé par l’amitié et la perte de ses rêves mais ce que je trouve admirable, c’est l’innocence de Zézé malgré les épreuves qu’il subit. Il grandit, certes et il apprend … Mais nonobstant son milieu et ce qu’il traverse au quotidien, ce petit garçon reste un enfant. Un enfant qui se confie à son petit pied d’oranges douces …

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