14 juin 2017 ~ 0 Commentaire

La Servante écarlate – Margaret Atwood

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Il du temps à perdre. C’est l’une des choses auxquelles je n’étais pas préparée : la quantité de temps innocupé, les longues parenthèses de rien. Le temps, un bruit blanc. Si seulement je pouvais broder. Tisser, tricoter, quelque chose à faire de mes mains. J’ai envie d’une cigarette.

Édition originale en 1985.
Réedition française Robert Laffont, 2015.
Genre : roman
Thèmes abordés : dystopie, histoire, dictature, féminisme, procréation, souvenir

Le résumé : Defred est une Servante écarlate, vêtue de rouge, au service de la République de Gilead fondée par des fanatiques religieux, et a pour obligation de procréer. la nuit venue, dans sa cellule, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de porter un nom, de lire, de travailler. En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

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L’auteure : née en 1939, à Ottawa, dans l’Ontario, fille d’une nutritionniste et d’un zoologue, elle a passé son enfance dans les forêts au nord du Québec. C’est à 16 ans qu’elle commence à écrire. Après avoir obtenu un diplôme en art en anglais, elle enseigne dans différentes universités au Canada et aux États-Unis. Pour La Servante Écarlate (The Handmaid Tale’s, titre original), Margaret Atwood obtint le Prix Arthur C. Clarke en 1987. Auteure, c’est aussi une célèbre poétesse et critique littéraire.

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Mon avis : C’est un roman particulièrement prenant, qui se lit avec un mélange de fascination et d’horreur.
L’histoire du passé de Defred (c’est le seul nom que nous lui connaissons) se mêle à son présent de servante, réduite à son utérus dans une République de Gilead, incroyablement puritaine. Mon esprit féministe s’est trouvé pris d’une fascination morbide à la lecture de ce système qui oppresse les femmes et les réduit à une condition d’esclave du bon plaisir des hommes. Une situation qui effraie d’autant plus que ça n’est pas tout à fait impossible dans une société occidentale qui reste majoritairement patriarcale.
L’implication politique du texte est donc évidente ; mais un autre aspect intéressant est la soumission du personnage principale : Defred qui ne se rebelle pas, ne cherche pas à enfreindre les règles avant que l’occasion ne lui soit présenté. Elle est, en quelque sorte, assez passive, se complaît ou donne l’impression de se complaire dans ses souvenirs. Pour moi, Defred est comme endormie … Elle sent l’injustice qui pèse sur elle, du fait d’être une femme mais s’en accommode jusqu’à ce que sa féminité soit en quelque réveillée par ce mystérieux réseau qui lui rappelle qu’elle avant tout un être libre.
C’est un aspect psychologique je trouve parfois difficile à accepter : j’aurais aimé rentrer dans le livre pour secouer Defred ; pour autant, je comprend cette soumission, engendrée par la peur, autant pour elle que pour ses proches. Face à l’autorité, il est très rare et très difficile d’y résister …
Ce qui est surprenant et Margaret Atwwod le mentionne dans sa postface, c’est le fait qu’à aucun moment, elle n’a désiré écrire un roman politique. C’est pourtant ce qu’elle a fait et c’est en cela que la fin du roman est particulièrement importante. De quoi je parle ? Je vous laisse lire le roman pour le découvrir !

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