22 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

Pierre Bottero (1964 – † 2009)

Pierre Bottero est né en 1964 et a vécu la majeure partie de sa vie en Provence, dont il disait ne pouvoir se passer. Instituteur, il se consacra à l’écriture dès 2005, porté par son imagination. 

Photo prise au Salon du Livre en 2008. Paris, France.

Photo prise au Salon du Livre en 2008. Paris, France.

«Enfant, je rêvais d’étourdissantes aventures fourmillantes de dangers mais je n’arrivais pas à trouver la porte d’entrée vers un monde parallèle ! J’ai fini par me convaincre qu’elle n’existait pas. J’ai grandi, vieilli, et je me suis contenté d’un monde classique… Jusqu’au jour où j’ai commencé à écrire des romans. Un parfum d’aventure s’est alors glissé dans ma vie. De drôles de couleurs, d’étonnantes créatures, des villes étranges… J’avais trouvé la porte.»
(Source : Rageot Édition)

Pierre Bottero, c’est cet auteur un peu magique, un peu poète, qui vous transporte un peu partout. Il a la prose légère et sobre et néanmoins puissante, avec la force de la justesse. Une justesse qui touche tous les âges car les thèmes abordés sont universels : l’amour, l’amitié, la loyauté, le pardon. 
Et lorsque je dis tous les âges, c’est tous les âges : je me souviens du témoignages d’une femme, une mère de famille qui avait acheté les romans pour sa fille de onze ans. Sauf qu’au final, elle les a gardé pour elle et en a racheté pour sa fille tant elle a aimé l’universalité de l’écriture et la poésie enchanteresse. 

Au travers d’un univers riche, construit avec profondeur et passion, Pierre Bottero nous fait voyager aux confins de l’imagination, avec ou sans majuscules. C’est un monde à part aussi fort que la Terre du Milieu, oui, oui : des plateaux d’Astariul à la chaîne du Poll en passant par les merveilles impossibles d’Al-Jeit, c’est un travail incroyablement complexe que nous offre Pierre Bottero, autant sur l’univers que sur les personnages d’ailleurs : Edwin, le maître d’armes, froid et efficace, Ellana, la marchombre sarcastique, Salim ou Ewilan/Camille, à la recherche de ses origines. Chaque personnage a sa raison d’être, sa particularité, en essayant d’éviter les écueils mortels des clichés. Finesse est le maître mot. 
Et malgré leurs différences, on s’identifie à chacun d’entre eux : on apprend à baisser la garde avec Edwin, on rit avec Salim et Bjorn, on apprend avec Ewilan et Maître Duom …

Mais il n’a pas uniquement écrit de la fantasy. Je pense notamment à Tour B2 mon amour où Tristan, garçon des cités, tombe amoureux de la jolie Clélia, jeune fille décalée autant par sa passion affirmée du livre que par son humour et son caractère. Une rencontre qui va montrer à Tristan que rien n’est joué d’avance. On peut aussi citer Le garçon qui voulait courir vite, l’histoire de ce petit garçon qui ne parle plus et de sa sœur qui apprend à trouver sa place, de cette famille qui surmonte peu à peu la mort du père … Un roman plus court, plus grave aussi mais qui garde cette poésie légère et cette pertinence propre à l’auteur.

Ces livres ont une énorme influence sur moi. J’étais très jeune, j’avais envie et besoin de m’évader. J’ai envie d’absolu. 
Mais surtout, j’ai compris que les mots pouvaient devenir une passion, une raison d’être. D’une certaine façon, c’est grâce à Pierre Bottero que j’ai commencé à écrire, pour ne plus jamais m’arrêter. 

Alors merci.

Malheureusement, Les Âmes Croisées sera le dernier roman de l’auteur. Conçu comme un livre unique, bien que la fin en appelle à une suite, il est un pont entre l’univers de Gwendalavir et la trilogie l’Autre. Publié à titre posthume en 2010, il est le plus bel hommage que Rageot pouvait faire à un maître de la littérature jeunesse, décédé d’un accident de la route en novembre 2009. Une perte immense …

J’aurais aimé le rencontrer. J’aurais aimé lui dire à quel point son oeuvre avait été et est encore inspirante. Lui dire que je l’admire et le remercier.
Tout simplement.

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