09 décembre 2016 ~ 1 Commentaire

Nuit urbaine

Bien curieuse noctambule, je déambule … Silencieuse, rêveuse. Heureuse.

Nuit urbaine

J’aime sentir le bruissement crépitant d’un tapis de feuilles à l’automne. J’aime le gémissement du vent entre les branches qui se dénudent dans une danse incontrôlée et sans fin.  J’aime le pâle et froid soleil de la fin d’année qui se glisse sur les manteaux monochromes. J’aime le goût chaleureux d’un foyer au soir venu. J’aime regarder l’encre couler entre les rues et prendre possession de cette page urbaine. Les étoiles des hommes, petites lumières éparses si proches, s’allument les unes après les autres. De la magie de la nuit naît une autre vie, une autre ville. Les rues s’agitent et les voix montent loin, quand le temps vient de se cacher dans l’ombre et de vivre à l’envers des autres. C’est la nuit, la vie, l’envie.

Si l’on lève le nez, on perçoit dans l’air des effluves sans arrière-pensées, simple relent d’une vie passé à courir. Je déambule dans les rues, silencieuse noctambule. J’observe la vie, j’observe la nuit. Entre les hauts murs se jouent diverses comédies, divers drames. D’un coup, nous voici transporté en plein Shakespeare ou Racine, professionnel du drame humain. Ou alors, c’est Molière qui se serait réjouit de la comédie que voici, digne successeur des bouffons de comédies et des couillons attrapés par un Cléante retors.

Bien curieuse noctambule, je déambule. C’est mon urbaine, ma citadine de vie. J’en caresse les rues et respire le souffle haletant, observe le profil harmonieux et disgracieux, aime les bruits assourdissants. Amie de la nuit, amateur des balades hasardeuse, ennemi d’un sommeil bien lent à venir, noctambule marcheurs. Je mitraille, souvenir bien faible des longues marches d’antan.

C’est la nuit urbaine. C’est mon urbaine, ma citadine. C’est ma vie de noctambule silencieuse, bien curieuse marcheuse.

Une réponse à “Nuit urbaine”

  1. LAURENCE DE KONINCK 20 mars 2017 à 22 h 14 min

    Des bruits, des parfums, du mouvement, un éclairage et une nuit noire ancrés dans la ville, théâtre de nos vies. Entre rêves, réalité et illusions, un décor et une ambiance faits pour un polar. Mais la poésie l’emportera sur le coup de feu. Restons éveillés, la vie de votre noctambule n’a vraiment rien de mortelle. C’est vivant et on marche !

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